Les entreprises font face à une situation exceptionnelle en ce qui concerne la gestion des voyages de leurs employés. Suite aux différentes frappes militaires dans les espaces aériens des Emirats Arabes Unis, du Qatar et de la Jordanie, plus de 30 000 vols ont été annulés en quelques jours. L’organisation des agences de voyage se retrouve mise en péril.
La gestion de crise par les TMC
Face à cette situation, la réponse des agences de voyages reste assez floue, ne sachant pas gérer la situation pour la plupart. Ce scénario de crise était-il prévu par les TMC ? Chaque agence de voyage se doit de respecter le duty of care. Ce programme valorise la protection des voyageurs peu importe la crise apparente. Ce type de certification est censé rassurer les entreprises qui s’engagent avec ces agences. La guerre au Moyen Orient est certes une situation exceptionnelle mais ce type d’événement est censé être prévu par les agences. C’est ce que rappelle le rapport Insight 2026 de FCM Consulting.
« Un programme hôtelier qui se contente de lister des établissements n’est pas un outil de gestion des risques. Le duty of care implique de savoir où se trouvent vos collaborateurs, d’avoir les relations nécessaires pour les repositionner rapidement, et d’intégrer de la flexibilité dans votre programme avant d’en avoir besoin, et non pas une fois que la crise a déjà commencé. » a déclaré Juan Antonio Iglesias, Directeur du Consulting EMEA chez FCM Consulting.
Entre pays non desservis, zones aériennes bloquées ou encore hôtels non accessibles, plus rien ne garantit la sécurité économique des entreprises.
L’anticipation mère de sûreté
L’élément qui ressort le plus reste le manque de transparence au sujet de la situation. Les entreprises se retrouvent dans une impasse. Les TMC ne leur transmettent aucune information. Cette situation n’étant pas non plus établie sur un court terme, il est difficile pour elles d’imaginer une solution. Dans ce genre de situation, il y’a toujours des entreprises qui s’en sortent mieux que d’autres.
« Les entreprises qui s’en sortent le mieux ne sont pas celles qui ont arrêté de voyager. Ce sont celles qui ont investi dans le bon programme avant la crise, et qui sont désormais positionnées pour agir rapidement à mesure que la situation se stabilise. Une forte demande ne rime pas toujours avec des conditions stables », note le rapport. « Les programmes doivent intégrer la gestion des perturbations autant que celle de la croissance », ajoute Juan Antonio Iglesias.
L’existence du duty of care n’est donc pas une garantie convenable pour les entreprises. L’entreprise et l’agence doivent établir une relation de confiance. Plusieurs initiatives des TMC peuvent permettre d’éviter ce type de crise:
- Des accords tarifaires flexibles qui protègent contre les annulations soudaines
- Des normes de sécurité hôtelière calibrées en fonction du risque géographique
- Une veille régulière des conditions régionales
- Une véritable coordination en tant de crise avec les entreprises
Une situation difficile prise sous un autre angle
Bien que la perturbation ait affecté de nombreuses entreprises, d’autres y ont vu une opportunité. La région reste dynamique et l’élan commercial y est significatif. En Arabie saoudite, l’inventaire hôtelier est en pleine croissance avec près de 50 000 chambres supplémentaires en construction.
Pour les acheteurs qui disposent de l’infrastructure programme nécessaire pour agir, cela représente une véritable opportunité de négocier des accords long terme avantageux, en obtenant de meilleures conditions avant que les tarifs ne repartent à la hausse, portés par la croissance structurelle de la région.
La perturbation à court terme a, parallèlement, créé une véritable fenêtre d’opportunité pour les acheteurs. L’analyse montre un assouplissement des tarifs journaliers au Moyen-Orient dans l’immédiat après-crise de février, avec une reprise projetée à plus de quatre pour cent sur le long terme dès le retour de la stabilité.
