Les voyages d’affaires à l’épreuve du surtourisme

La saison des appels d’offres hôteliers approche et amène à repenser le voyage d’affaires. Encore largement plébiscité par les entreprises, le voyage professionnel est confronté à la saturation de certaines destinations. Selon une étude de SAP Concur, 74 % des professionnels ont réalisé un déplacement dans une ville victime du surtourisme.

Les voyages d’affaires assurent un retour sur investissement

En dépit des coûts et des contraintes de mobilité, le voyage d’affaires est toujours populaire. Selon l’étude de SAP Concur, 97 % des directeurs financiers considèrent que les voyages d’affaires jouent un rôle important dans la stratégie globale des organisations. Néanmoins, les objectifs poursuivis ont évolué. Globalement, les collaborateurs voyagent moins souvent mais pour des déplacements à plus forte valeur ajoutée. Les entreprises se recentrent sur l’essentiel. Les séjours professionnels ne sont plus envisagés pour les réunions internes régulières. Ils sont favorisés pour développer les relations clients, la gestion de projet et les activités commerciales.

Selon le rapport mondial FCM Consulting Insights 2026, l’hôtellerie d’affaires a bénéficié d’un taux d’occupation de 73,7 % en 2025, soit une hausse de 1,3 point. Cette progression confirme une dynamique positive du secteur. Néanmoins, la hausse se concentre avant tout dans les villes déjà très sollicitées par le tourisme de masse. Sydney affiche une hausse de 4 points, Singapour, de 2 points, alors que Londres et Tokyo dépassent les 82 % de taux d’occupation. Selon Romain Delcroix, Head of SAP Concur France, ces destinations sont « incontournables » pour le tourisme loisir et professionnel. Ce constat structurel invite les entreprises à « développer une lecture plus fine des destinations où elles envoient leurs collaborateurs. »

Le surtourisme perturbe les déplacements professionnels

Cette saturation touristique constitue un facteur de nuisance pour les professionnels. Comme le souligne l’étude, près d’un quart des voyageurs d’affaires (24 %) déclarent avoir été négativement affectés par le surtourisme. Les principales contraintes citées sont les coûts dans les zones fréquentées (43 %), les difficultés de déplacement (38 %) et des trajets entravés par une offre de transports insuffisante (33 %).

Le constat de ces difficultés amène les collaborateurs en déplacement à adapter leurs comportements. 87 % d’entre eux affirment organiser leur emploi du temps pour éviter les zones très touristiques. Cette saturation des espaces n’est pas propice à la poursuite des objectifs de ces excursions d’affaires. Elle rend la mobilité professionnelle moins attrayante pour les collaborateurs. En effet, 38 % des travel managers (responsables de la mobilité professionnelle) identifient une réticence, voire un refus, des salariés à voyager. Ce désintérêt impacte négativement les programmes de déplacements de ces entreprises.

Le voyage d’affaires doit se réinventer

Pour continuer de faire prospérer le voyage d’affaires et les acteurs impliqués dans ce marché, les entreprises doivent adapter leurs politiques aux réalités du terrain. Selon Romain Delcroix de SAP Concur France, entreprise spécialisée en déplacements professionnels, « les décideurs doivent outiller leurs voyageurs : informations en temps réel, outils simplifiés, politiques flexibles ». 

Les voyages d’affaires doivent concilier quête de productivité et enjeux contemporains. Selon Les Echos Solutions, les entreprises ont intérêt à se positionner pour des mobilités plus responsables. En plus de modes de déplacement plus neutres comme le train et le covoiturage, les entreprises devraient favoriser, lorsque c’est possible, des destinations éloignées du tourisme de masse et des périodes de forte affluence. Ce choix peut contribuer à renforcer une démarche RSE engagée et l’image de l’employeur.

De même, le bien-être s’impose comme une priorité dans le milieu professionnel.  27 % des collaborateurs interrogés citent explicitement le manque de confort comme motif d’évitement des voyages d’affaires. Cette évolution des attentes contraint les entreprises à adapter les modalités de voyage. Elles peuvent notamment intégrer des dispositifs favorisant le bien-être et la gestion du stress. Parmi les nouvelles pratiques figure le « blended travel ». Cela consiste à prolonger un déplacement professionnel par du télétravail et / ou un temps personnel pour une déconnexion prolongée et plus adaptée aux besoins des salariés.

Le voyage d’affaires doit s’adapter aux contraintes du surtourisme et aux nouvelles attentes des salariés pour conserver son retour sur investissement. Outiller les collaborateurs, privilégier les zones moins fréquentées et repenser l’organisation de ces séjours deviennent des leviers essentiels pour maintenir l’efficacité des déplacements professionnels à l’ère du surtourisme. 

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