À l’heure du télétravail, les événements d’entreprise restent appréciés, mais ne peuvent plus se contenter de réunir les équipes. Les salariés attendent des rendez-vous utiles, conviviaux et capables de leur faire vivre une véritable expérience. Un changement qui pousse les entreprises à repenser leurs formats.
Un repas d’équipe, un séminaire ou une journée de cohésion : les événements d’entreprise ont toujours leur place dans la vie professionnelle. Mais pour les salariés, être réunis ne suffit plus. Encore faut-il que le rendez-vous ait du sens, qu’il permette de créer des liens ou qu’il offre une véritable parenthèse dans le quotidien.
C’est l’un des enseignements de l’étude menée par Peclers Paris pour Rejolt, spécialiste de l’événementiel d’entreprise. L’envie de participer est bien présente : près de trois quarts des actifs interrogés apprécient ces rendez-vous. Mais leur adhésion dépend avant tout de ce qu’ils ont à y gagner. Le contenu arrive ainsi en tête des critères de participation, devant les contraintes d’agenda.
Autrement dit, l’événementiel ne peut plus être pensé comme une simple case à cocher dans le calendrier des ressources humaines. Une réunion déplacée hors des bureaux ne devient pas automatiquement une expérience fédératrice. Pour convaincre, elle doit proposer autre chose que la présence des collaborateurs.
LE RETOUR DU COLLECTIF À L’HEURE DU TRAVAIL HYBRIDE
Alors que les échanges professionnels passent de plus en plus par les écrans, les moments en présentiel prennent une nouvelle dimension. Ils deviennent l’occasion de retrouver des collègues autrement que dans le cadre des réunions, de faire connaissance avec des équipes que l’on croise peu et de recréer une dynamique collective.
Cette fonction sociale est particulièrement importante pour les jeunes actifs, qui voient dans ces rendez-vous un moyen de trouver leur place au sein d’un collectif. L’événement d’entreprise ne sert donc pas uniquement à transmettre un message ou à présenter une stratégie : il contribue aussi à façonner la culture de l’organisation.
Pour Mickaël Hadjadj, fondateur de Rejolt, cette évolution renforce l’importance de concevoir des rendez-vous adaptés aux équipes. Plus le travail se fait à distance, explique-t-il, plus les moments partagés doivent répondre à des attentes concrètes.
Reste à éviter l’écueil du rassemblement imposé. Si les salariés viennent chercher de la convivialité, ils veulent aussi pouvoir concilier leur participation avec leurs contraintes professionnelles et personnelles.
DU TEAM BUILDING À L’EXPÉRIENCE SUR MESURE
Il n’existe pourtant pas de formule universelle. Certains collaborateurs recherchent avant tout une pause pour sortir du quotidien ; d’autres privilégient les rencontres, la collaboration ou l’apprentissage. Les attentes varient également selon les générations et les fonctions occupées.
Les jeunes actifs sont notamment plus sensibles aux dimensions éthiques et environnementales des événements. Les salariés plus âgés accordent davantage d’importance à la possibilité d’apprendre et de développer leurs compétences. De leur côté, certains cadres souhaitent pouvoir contribuer au programme, par exemple à travers des ateliers, des débats ou des activités de cocréation.
Cette diversité oblige les entreprises à sortir des formats standardisés. Le repas d’équipe demeure une valeur sûre, mais les organisateurs explorent aussi des expériences en pleine nature, des ateliers avec des artisans, des activités collectives ou des dispositifs immersifs.
Dans son cahier de tendances Le Futur de l’Expérientiel, élaboré avec Peclers Paris, Rejolt identifie plusieurs pistes : faire appel aux sens, renforcer la participation, favoriser la transmission et proposer des expériences qui permettent de s’évader du cadre habituel.
L’enjeu n’est pas nécessairement de faire toujours plus spectaculaire ou plus coûteux. Il consiste plutôt à choisir un format cohérent avec les équipes et l’objectif recherché.
POUR LES ENTREPRISES, L’ENJEU EST DE DONNER DU SENS
Pour les responsables des ressources humaines comme pour les organisateurs d’événements, la question change donc de nature. Il ne s’agit plus seulement de décider où et quand réunir les collaborateurs, mais de déterminer ce que cette rencontre doit leur apporter.
Créer du lien, transmettre des connaissances, encourager la coopération ou permettre de souffler : chaque objectif appelle une expérience différente. Un événement réussi est ainsi moins celui qui accumule les animations que celui auquel les participants trouvent une utilité.
Le défi de l’événementiel d’entreprise est là : transformer un rendez-vous parfois perçu comme une obligation en un moment choisi, auquel les salariés ont réellement envie de prendre part.
