Surtourisme : les voyages d’affaires aussi sous pression

Un tiers des voyageurs d’affaires français ont déjà vu un déplacement professionnel perturbé par l’affluence touristique. Selon une étude SAP Concur, 87 % d’entre eux cherchent désormais à éviter les zones les plus touristiques.

Un phénomène qui dépasse le tourisme de loisir

Le surtourisme touche désormais les déplacements professionnels. C’est ce que révèle la 8ème édition du Global Business Travel Survey de SAP Concur, publiée le 10 août 2026. En France, 33 % des voyageurs d’affaires déclarent avoir déjà subi une perturbation liée à une zone saturée de touristes. Ils sont 87 % à chercher à éviter les quartiers les plus fréquentés lorsqu’ils se rendent dans une destination touristique.

Le phénomène dépasse les frontières françaises. Au niveau mondial, près de trois voyageurs d’affaires sur quatre (74 %) indiquent avoir déjà séjourné dans une destination touchée par le surtourisme lors d’un déplacement professionnel.

Coûts, embouteillages et sécurité en tête des motifs d’évitement

Les voyageurs d’affaires français avancent plusieurs raisons pour éviter les zones très touristiques. Les coûts plus élevés arrivent en tête (43 %), devant la difficulté à se déplacer sur place (37 %). Vient ensuite l’accès compliqué aux transports ou aux hébergements privilégiés, faute d’offre suffisante ou en cas de surréservation (24 %). Le manque de confort lié à la foule et les préoccupations de sécurité ou d’hostilité envers les touristes ferment la marche, à égalité (20 % chacun).

« Les organisations continuent de trouver une réelle valeur dans le voyage d’affaires, mais ce que les collaborateurs attendent de cette expérience évolue », observe Stéphanie Zetlaoui, Senior Solution Advisor chez SAP Concur France. Elle évoque une recherche de lien et de collaboration en personne, combinée à une exigence croissante de fluidité et de sécurité. Pour elle, ce contexte représente autant un défi qu’une opportunité pour les entreprises qui adaptent leur politique de voyage.

Les déplacements professionnels restent bénéfiques, mais suscitent des hésitations

Le voyage d’affaires garde une image positive. 94 % des voyageurs français estiment qu’il bénéficie à leur bien-être physique ou mental. Le changement de décor arrive en tête des bénéfices cités (39 %), suivi par la coupure avec l’environnement de travail habituel (34 %) et la possibilité de rencontrer en personne des interlocuteurs peu croisés au quotidien (31 %). Pour 27 % des répondants français, ces déplacements offrent aussi une parenthèse par rapport aux obligations familiales ou personnelles.

Ces bénéfices n’empêchent pas les réticences. 65 % des voyageurs d’affaires français se disent hésitants à voyager cette année. Ils invoquent des préoccupations de sécurité, des risques de perturbation et un manque de flexibilité dans certaines politiques de voyage.

Le confort devient un enjeu de fidélisation

L’étude pointe une attente croissante de confort. Au niveau mondial, 36 % des voyageurs attendent aujourd’hui davantage de confort et de plaisir dans leurs déplacements qu’il y a quelques années. En France, cette proportion atteint 28 %. Le lien avec le surtourisme est direct : 20 % des voyageurs d’affaires français citent explicitement le manque de confort comme motif d’évitement de certaines destinations.

Pour les entreprises, ce signal devient difficile à ignorer. Entre attractivité des déplacements et exigences de fluidité, de sécurité et de confort, les politiques de voyage d’affaires entrent dans une phase de recomposition.

Close
Les derniers articles
  • Surtourisme : les voyages d’affaires aussi sous pression

  • La Croatie côté nature : le tourisme vert au fil de ses parcs

  • Strasbourg events : une gouvernance renouvelée au service du rayonnement du territoire

Close

Business Event

Magazine Business Event

© Copyright 2023. Tous droits réservés
Close